L’île Juan de Nova

Située aux abords de l’île Rouge dans l’océan indien, l’île Juan de Nova est au monde ce que le paradis est au ciel. 

L’ïle Juan de Nova

Juan de Nova : La passion de la mer

Joao de Nova ou Juan de Nova nait aux alentours de 1460 en Galice, aujourd’hui nord de l’Espagne. Il fut navigateur et explorateur de l’Atlantique et de l’Océan Indien.
Ce n’est encore qu’un enfant lorsqu’il est envoyé au Portugal, qu’il considèrera très vite comme son propre pays, pour échapper aux luttes opposants les différentes sphères aristocratiques. Ses talents sont très rapidement remarqués par le Roi Manuel Ier de Portugal, qui le nomme Alcaide (maire) de Lisbonne en 1496.

En 1501, Juan de Nova est affecté commandant de la troisième expédition portugaise vers l’Inde. Lors de ce périple, en traversant le canal du Mozambique, il découvre l’île de Nova qu’il baptise « Galega »ou « Agalega » en référence à ses origines. L’île sera requalifiée plusieurs fois avant de recevoir son appellation définitive. A l’époque, l’île ne présente aucun intérêt pour les forces coloniales. Elle servie, néanmoins, très probablement de refuge pour des pirates tels qu’Olivier Le Vasseur dit La Buse.

Les heures sombres de l’île

En l’absence de présence étrangère, l’empire colonial français rattache l’île sous sa souveraineté le 6 août 1896. De 1923 à 1975, l’île n’est visitée que par des pêcheurs malgaches jusqu’à ce qu’elle soit mise en concession par l’Etat français à des fins d’exploitation du guano et des phosphates. A partir de 1960, l’exploitation de ces minéraux prend de l’importance. C’est à ce moment-là que se construisent de nombreux bâtiments, industriels pour la plupart, une prison et un cimetière. Enfin, sont importés de petits wagons sur rail pour assurer le transport des marchandises jusqu’aux pontons d’embarquement.

Les travailleurs sont essentiellement originaires de l’île Maurice et des Seychelles. Leurs conditions de travail sont précaires et très rude : tout manquement au règlement est puni par la flagellation ou l’emprisonnement. De plus, les salaires sont extrêmement bas. En effet, pour gagner 3,5 roupies (moins de 15 centimes d’euro) par jour, il leurs faut extraire une tonne de phosphate. Les échauffourées ne sont fréquentes et en septembre 1968, des émeutes initiées par des Mauriciens poussent les responsables de l’exploitation à faire appel à l’aide du préfet de La Réunion, Jean Vaudeville, qui leur enverra les forces de l’ordre. Ces événements exceptionnels attirent les médias et la presse réunionnaises et de métropole qui s’intéressent de très près aux activités et aux mœurs douteux de certains contremaitres pratiquant un droit de cuissage. En découlera une vague de licenciement parmi le personnel de l’exploitation. Enfin, en 1934, une piste d’aviation se construit pour faciliter l’exportation de la production.

Durant les années 1960, le cours du phosphate chute de manière exponentielle rendant ainsi l’exploitation inefficiente et l’obligeant à stopper toute activité. Les derniers ouvriers quittent l’île en 1975.

Changement de cap

En 1963, une station météorologique baptisée La Goulette s’installe sur l’île afin d’effectuer des relevés réguliers de températures et de pression.  En 1971, le représentant du Service Météo constate de nombreux vices et irrégularités dans les relevés. Il s’aperçoit également du gardiennage médiocre de l’île, alors supervisée par Hector Puteau. Conformément aux recommandations de la Veille météorologique mondiale, le représentant du Service Météo ordonne la construction d’une station météo de base à service permanent en 1973. Celle-ci sera érigée au Sud-Ouest de l’île, en bout de piste. Dans le même temps, un projet d’ouverture d’un Club Méditerranée est envisagé par Gilbert Trigano, homme d’affaire français renommé pour sa participation au développement du Club Med. Ce projet,  justifiant pendant un temps le maintien d’une équipe de travailleurs est très rapidement abandonné.

L’île renait de ses cendres

En 1974, est décidé par l’Etat français, l’installation de détachements militaires sur les îles Eparses de l’océan Indien dont l’île Juan Nova fait partie, afin de répondre aux revendications territoriales de Madagascar.

Aujourd’hui, seules les ruines des anciennes installations témoignent de l’histoire de cette île. Cependant, quelques bâtiments sont encore entretenus pour un usage militaire. Devenue réserve naturelle qui continue à la politique nationale de protection de la biodiversité et en particulier du récif corallien, l’île est à ce jour interdite d’accès. Seuls quelques scientifiques sont habilités et autorisés à y pénétrer dans le cadre de missions temporaires.

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