La Thaïlande a comptabilisé 619 481 arrivées touristiques étrangères durant la semaine de Songkran, soit une hausse de 8,76% par rapport à la semaine précédente. Le rythme moyen atteint 88 498 entrées par jour, un niveau qui confirme le rôle du Nouvel An thaïlandais comme aimant régional, au-delà des seules batailles d’eau qui font sa réputation. Derrière le chiffre, l’État et les professionnels regardent surtout la dépense. Les autorités touristiques anticipent plus de 30,35 milliards de baht de recettes sur la période de Songkran, en progression de 6% sur un an. L’enjeu est simple, convertir une affluence très concentrée sur quelques jours en revenus mieux répartis, sans saturer les quartiers les plus célèbres.
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Natthriya Thaweevong détaille 88 498 arrivées quotidiennes
Le ministère du Tourisme et des Sports, par la voix de Natthriya Thaweevong, situe le pic sur une semaine à 619 481 arrivées, soit 88 498 par jour en moyenne. Sur la période du 1er janvier au 12 avril, le pays totalise 10,36 millions d’arrivées internationales, pour environ 506 milliards de baht de recettes. La dynamique ne se limite donc pas à la fête, elle s’inscrit dans un début d’année déjà solide.
Dans le détail hebdomadaire, les visiteurs venant de Chine arrivent en tête avec 106 504 entrées, suivis par la Malaisie avec 90 524. Viennent ensuite 53 308 Indiens, 36 701 Russes et 24 693 Américains. Ces volumes suggèrent un mix très asiatique, avec des marchés long-courriers qui restent présents mais minoritaires sur une semaine de forte intensité.
Le chiffre de +8,76% a aussi une lecture plus terre-à-terre, il compare deux semaines consécutives, avec des calendriers et des capacités aériennes qui varient vite. Un agent de voyages basé à Bangkok, Daniel, résume ce que beaucoup constatent au comptoir : « Quand Songkran tombe sur une fenêtre de congés favorable, les réservations de dernière minute explosent, mais les prix aussi ». Le risque, c’est de transformer un succès en semaine coûteuse, qui décourage une partie des familles et des voyageurs au budget serré.
Thapanee Kiatphaibool vise 30,35 milliards de baht de recettes
L’Autorité du tourisme table sur plus de 30,35 milliards de baht de revenus pendant Songkran, avec une hausse attendue de 6%. Dans cette enveloppe, environ 8,1 milliards de baht seraient générés par les visiteurs étrangers sur la période du 11 au 15 avril, pour un objectif d’environ 500 000 touristes internationaux. L’idée, pousser la valeur, pas seulement le volume, en encourageant des séjours un peu plus longs et des dépenses mieux orientées.
Le volet domestique pèse plus lourd. Les projections mentionnent 5,96 millions de déplacements intérieurs, en hausse de 7%, pour près de 22,25 milliards de baht de retombées, soit +8% sur un an. Concrètement, cela se traduit par des hôtels complets sur les axes balnéaires et des trains, bus, ferries sous tension. Pour un restaurateur, le défi n’est pas d’attirer, mais de servir vite et correctement, sans rogner sur la qualité.
Ce modèle a une limite, la concentration. Quand tout se joue sur quelques jours, la hausse de fréquentation peut se transformer en files, en surcoûts et en mauvaise expérience, ce qui finit par peser sur la réputation. Marc, guide francophone, dit voir des clients ravis par l’ambiance, mais épuisés par les embouteillages et la foule. La recette augmente, mais la question de la capacité, eau, déchets, sécurité, transports, reste centrale si le pays veut répéter ces performances sans casse.
Chadchart Sittipunt encadre Silom, Siam Square et Khao San
À Bangkok, le gouverneur Chadchart Sittipunt cite les zones de fête les plus courues, Silom, Siam Square et Khao San, comme points de concentration majeurs. Silom a dépassé les 100 000 visiteurs par jour, un niveau qui explique les mesures de contrôle des accès observées pendant l’événement. Siam Square s’est affirmé comme lieu de rassemblement, notamment pour un public jeune, attiré par une ambiance plus encadrée et plus événementielle.
La question de la sécurité a été mise au premier plan, avec des consignes données à la police pour protéger les touristes dans les zones où les célébrations se poursuivaient. Dans ces quartiers, l’équilibre est délicat, laisser la fête vivre tout en limitant les incidents, les vols opportunistes et les mouvements de foule. Pour les visiteurs, la perception compte autant que les statistiques, un seul incident viral peut faire plus de dégâts qu’une semaine de bons chiffres.
La montée en puissance ne se limite pas à la capitale. Dans le sud, des districts frontaliers comme Betong (Yala) et Sungai Kolok (Narathiwat) ont attiré des foules, notamment venues de Malaisie, via des événements dédiés. Cette orientation vers les villes frontalières, avec une offre culturelle et nocturne, peut désengorger Bangkok et redistribuer les revenus. Mais il faudra tenir la promesse sur place, hébergements, transports, encadrement, sinon l’affluence ponctuelle ne se convertira pas en fidélité.
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