La Thaïlande va réduire la durée des séjours touristiques sans visa, avec une entrée en vigueur annoncée à partir de mai 2026. Pour les ressortissants de plus de 90 pays, la règle générale passera de 60 à 30 jours. Le gouvernement présente ce durcissement comme un levier concret dans la lutte contre la criminalité impliquant des étrangers, sans viser une nationalité en particulier. Dans le même mouvement, Bangkok prévoit des exceptions à 15 jours pour certains pays, déterminés au cas par cas en lien avec les ambassades. Les autorités maintiennent aussi une porte de sortie, une extension unique du séjour, à demander auprès de l’immigration, avec une décision laissée à l’appréciation de l’officier et une justification exigée. Le message est clair: on peut venir, mais on doit expliquer si on veut rester.
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Bangkok réduit l’exemption de visa après des abus médiatisés
La justification officielle tient en une formule: le régime actuel soutient l’économie, mais il a aussi ouvert la porte à des abus. La porte-parole du gouvernement, Rachada Dhnadirek, a expliqué que l’exemption de visa a permis à certaines personnes de détourner le dispositif. Dans la ligne du ministère des Affaires étrangères, la mesure s’inscrit dans la lutte contre la criminalité transnationale, avec une approche centrée sur les individus plutôt que sur les pays.
Ces derniers mois, plusieurs affaires impliquant des étrangers ont marqué l’opinion en Thaïlande. Les autorités citent des débordements liés à l’alcool ou à la drogue, des frasques sexuelles en public, mais aussi des activités économiques menées sans autorisation. Dans le viseur, l’exploitation d’entreprises comme des hôtels ou des écoles privées sans permis approprié. Ce n’est pas un détail, car ce type de cas alimente l’idée que le visa gratuit sert de paravent.
Le ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a insisté sur l’absence de ciblage national. Sur le terrain, la nuance est importante, parce que les visiteurs concernés viennent de zones très diverses, dont l’espace Schengen, les États-Unis, Israël ou la Russie. Mais la critique existe déjà ; réduire la durée pour tout le monde, c’est aussi pénaliser des touristes ordinaires, ceux qui veulent juste voyager lentement, sans agenda serré.
Phuket et l’immigration pointent entreprises illégales et escroqueries en ligne
Le durcissement est aussi nourri par des retours de terrain, notamment après un déplacement ministériel à Phuket. Des acteurs du tourisme y ont signalé des difficultés liées au régime actuel, dans une destination qui concentre une partie des tensions. Les autorités disent avoir été alertées sur des ressortissants étrangers entrés sans visa et engagés dans des activités qui ne relèvent pas du tourisme, avec un effet de concurrence et de contournement des règles locales.
Les exemples cités touchent des secteurs réservés aux Thaïlandais, avec la création d’entreprises via des montages, ou l’acquisition de biens immobiliers par le biais de prête-noms. Pour Bangkok, 60 jours peuvent devenir une opportunité pour rester longtemps, voire s’installer. Dit autrement, ce n’est pas la valise et la plage qui posent problème, c’est la possibilité de s’organiser sur place, de nouer des circuits, et de brouiller la frontière entre visite et activité économique.
Autre point sensible: les opérations contre des réseaux d’escroqueries en ligne ont montré que certains interpellés étaient entrés via l’exemption de visa. Les autorités ne détaillent pas de chiffres publics dans ces annonces, mais la logique est celle du risque, un séjour long facilite l’installation logistique. Comparé à d’autres pays touristiques, la Thaïlande ne ferme pas la porte, elle raccourcit la fenêtre, en espérant compliquer la tâche des groupes qui misent sur la discrétion et la durée.
Les touristes de 90 pays gardent une extension, sous contrôle des officiers
Bangkok cherche à préserver l’attractivité, tout en reprenant la main. Le régime sans visa concerne plus de 90 pays, et la durée avait été étendue en juillet 2024 pour soutenir la reprise post-Covid. Revenir à 30 jours, c’est donc un retour en arrière partiel, assumé. Pour des voyageurs classiques, deux semaines de vacances restent couvertes, mais ceux qui planifient un mois et demi devront anticiper, ou accepter des démarches supplémentaires.
Le gouvernement prévoit aussi des cas à 15 jours, choisis au cas par cas en concertation avec les ambassades. Dans les faits, cette différenciation peut créer de la confusion pour les compagnies aériennes, les hôtels, et les voyageurs, qui devront vérifier les règles selon leur passeport. La souplesse existe, mais elle devient administrative. Et si tu arrives en pensant rester longtemps, tu peux te retrouver à recalculer ton itinéraire, Chiang Mai, Bangkok, puis les îles, en mode plus rapide.
La soupape, c’est l’extension unique du séjour, demandée auprès de l’immigration. Le renouvellement sera décidé par l’officier, et le touriste devra expliquer pourquoi il veut rester plus longtemps. Cette part d’appréciation peut être vue comme un outil de tri, mais elle introduit aussi une part d’incertitude, selon le profil du voyageur et la cohérence du motif. Dans un pays qui attend 33,5 millions de touristes étrangers sur l’année citée par la presse, l’équilibre entre contrôle et fluidité va devenir un test quotidien aux guichets.
Sources
Je suis une voyageuse passionnée de slow travel, convaincue que les plus belles découvertes se font quand on prend le temps. Plutôt que de courir d’un site à l’autre, je privilégie l’immersion lente, les rencontres authentiques et la connexion profonde avec les lieux et les cultures.
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