Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, c’est la décision annoncée par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2027. La loi doit être votée cet été. Le message, publié sur TikTok, vise directement les adolescents, mais il s’adresse surtout aux parents, aux plateformes et à Bruxelles. Le gouvernement met en avant une hausse de l’anxiété, des troubles du sommeil et des mécaniques d’addiction liées au design des applications. Dans l’opinion, la mesure part avec un soutien massif, un sondage ALCO publié en février indiquant environ 80% d’avis favorables. Reste un point très concret, vous le voyez venir, comment vérifier l’âge et faire appliquer l’interdiction sans créer une usine à gaz.
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Kyriakos Mitsotakis fixe l’interdiction au 1er janvier 2027
Le calendrier est posé, la Grèce veut une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027. La loi sera soumise au vote cet été, ce qui laisse quelques mois pour écrire les détails techniques et juridiques. Le gouvernement présente la mesure comme difficile mais nécessaire, et insiste sur les effets observés chez les jeunes, sommeil dégradé, anxiété, pression sociale permanente.
Le choix du canal de communication a frappé, l’annonce a été faite via une vidéo sur TikTok. Sur le fond, le Premier ministre décrit des enfants longtemps devant les écrans, exposés à la comparaison constante et aux commentaires. Il dit avoir parlé avec de nombreux parents rapportant des nuits compliquées et des comportements plus anxieux. Cette mise en scène vise à rendre le sujet concret, pas seulement une bataille de chiffres.
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La Grèce n’arrive pas les mains vides, le pays a déjà interdit les téléphones mobiles à l’école et mis en place des outils de contrôle parental pour limiter le temps d’écran des adolescents. Ce sont des briques déjà en place, utiles pour dire, on teste, on encadre, on ne se contente pas d’un slogan. Mais l’interdiction générale, elle, change d’échelle, car elle touche l’accès aux plateformes, pas seulement l’usage dans un lieu donné.
Le gouvernement grec veut une majorité numérique européenne à 15 ans
La stratégie grecque dépasse le cadre national. Kyriakos Mitsotakis demande un cadre unifié au niveau de l’Union européenne d’ici la fin 2026, avec une idée centrale, une majorité numérique fixée à 15 ans. Le raisonnement est simple, si chaque pays fait sa règle dans son coin, les plateformes et les usages traversent les frontières, et l’efficacité se dilue.
Dans sa proposition, un point ressort, obliger les plateformes à une revérification semestrielle de l’âge. Sur le papier, c’est une réponse à un problème connu, beaucoup d’adolescents contournent les barrières en déclarant une date de naissance fictive. Mais ça pose immédiatement la question des moyens concrets, quelles données, quel niveau de preuve, et qui contrôle. Plus on renforce la vérification, plus on touche à des sujets sensibles comme l’identification et la vie privée.
La Grèce met aussi en avant l’idée qu’elle ferait partie des premiers pays à adopter une mesure de cette ampleur. Le but est d’installer un précédent politique, puis de pousser Bruxelles à harmoniser. En filigrane, c’est aussi un message aux grandes plateformes, si l’Europe bouge ensemble, l’adaptation devient non négociable. Néanmoins, l’UE devra arbitrer entre protection des mineurs, libertés numériques et faisabilité technique.
L’exemple australien relance le débat sur TikTok, Meta et YouTube
Le débat grec s’inscrit dans une vague plus large. L’Australie a adopté en décembre une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, avec des plateformes citées comme TikTok, YouTube, Instagram et Facebook. Ce précédent est important, parce qu’il montre qu’un État peut assumer un choc réglementaire et forcer les acteurs à se préparer, même si les détails d’application restent un défi.
Les entreprises concernées ont contesté l’idée qu’une interdiction protège les jeunes, tout en s’engageant à s’y conformer. C’est une ligne classique, elles défendent leurs outils de sécurité et d’éducation numérique, mais elles savent que le rapport de force politique est en train de bouger. Et là, petite nuance qui compte, interdire l’accès n’efface pas les problèmes, ça peut déplacer les usages vers d’autres espaces, messageries, comptes partagés, plateformes moins visibles.
Plusieurs pays discutent aussi de durcissements, le Royaume-Uni, la Malaisie, la France, le Danemark ou la Pologne sont cités parmi ceux qui envisagent ou préparent des mesures. La Grèce veut transformer cette accumulation de débats en décision coordonnée. Le soutien interne mesuré par le sondage ALCO, autour de 80%, donne au gouvernement un mandat politique solide, mais l’efficacité dépendra de l’exécution, contrôle d’âge, sanctions, et coopération réelle des plateformes.
Sources
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