Deux ou trois compagnies aériennes européennes pourraient tomber d’ici la fin de l’année si le prix du pétrole reste au niveau actuel, prévient Michael O’Leary. Le directeur général de Ryanair parle d’un risque concentré sur l’automne, en octobre ou novembre, et cite nommément Wizz Air et airBaltic parmi les transporteurs qu’il juge fragilisés. Le dirigeant irlandais relie cette menace à la tension géopolitique au Moyen-Orient et à ses effets sur le carburant. Il affirme que la guerre en Iran a déjà coûté à Ryanair 50 millions de dollars de surcoût carburant sur le seul mois d’avril. Et il ajoute un autre point de friction, la question des approvisionnements en kérosène, annoncés sans risque immédiat pour mai en Europe, mais plus incertains pour juin.
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Michael O’Leary chiffre l’impact du carburant chez Ryanair
Dans ses déclarations, Michael O’Leary pose une équation simple : si le pétrole reste élevé, les compagnies les plus exposées peuvent casser. Il met en avant l’addition déjà payée par Ryanair, avec 50 millions de dollars de carburant en plus en avril. Dit autrement, même le leader européen du low cost, réputé pour serrer les coûts, encaisse un choc immédiat quand le baril grimpe.
Il ajoute une couche logistique, la sécurité d’approvisionnement. Selon lui, les pétroliers estiment qu’il n’y aurait pas de pénurie de kérosène en Europe en mai, mais l’incertitude augmente pour juin. Vous voyez le problème ? Une compagnie peut parfois absorber un prix élevé si le produit est disponible, mais si les volumes manquent, la facture se transforme vite en annulations, pertes de recettes et coûts opérationnels supplémentaires.
Ryanair alerte sur le kérosène: stocks garantis jusqu’en mai mais incertitude totale pour l’été
O’Leary lie aussi ce contexte à la demande. Il décrit une demande très forte à Pâques, mais observe une faiblesse des prix pour juin, juillet et août, avec des clients qui hésitent à réserver. Un analyste du transport aérien interrogé dans le secteur résume le mécanisme : « Quand le carburant monte et que les réservations ralentissent, la trésorerie devient le nerf de la guerre ». Là, la marge de manoeuvre se réduit, surtout pour les acteurs déjà sous pression.
Wizz Air et airBaltic contestent ou compensent la menace
Michael O’Leary ne se contente pas d’un avertissement général, il cite Wizz Air et airBaltic comme exemples de compagnies qui pourraient être en difficulté à l’automne. Wizz Air a démenti ces affirmations. La compagnie hongroise rappelle son positionnement, des tarifs bas et une flotte annoncée comme jeune et économe en carburant, avec une présence forte via ses bases, notamment à Budapest, Bucarest et Londres Luton.
Dans le cas d’airBaltic, un élément concret alimente le débat, le Parlement letton a approuvé un prêt de 30 millions d’euros à court terme pour atténuer l’impact du conflit au Moyen-Orient sur la situation financière de l’entreprise. Ce type de soutien public n’est pas rare dans l’aérien européen depuis la crise sanitaire, mais il rappelle une réalité: quand le carburant s’emballe, l’accès à la liquidité devient un sujet politique autant qu’économique.
O’Leary assume l’intérêt de Ryanair: moins de concurrents, c’est bon pour son activité. C’est une lecture brutale, mais cohérente avec une logique de marché ; si des capacités disparaissent, les acteurs restants récupèrent des parts, des créneaux et parfois un pouvoir de fixation des prix. Un salarié d’aéroport, Marc, décrit ce que ça veut dire sur le terrain: « Quand une compagnie coupe des lignes, tu vois tout de suite les comptoirs fermer, les rotations diminuer, et les autres se replacer sur les horaires rentables ».
L’Europe dépend du Golfe pour la moitié du kérosène importé
Le contexte énergétique pèse lourd, l’Europe importe habituellement environ la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe. Cette dépendance rend le secteur sensible aux perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient. Des analystes divergent sur la capacité de l’Asie, et de l’Europe dans une moindre mesure, à sécuriser les stocks pour éviter des annulations de vols, ce qui maintient une zone d’incertitude opérationnelle.
O’Leary pointe un pays plus exposé, le Royaume-Uni, en raison d’une dépendance partielle au Koweït, citée comme fragilisée par la fermeture du détroit d’Ormuz. Si les flux se tendent, l’effet se voit vite sur les programmes de vol, surtout sur les courts courriers où les compagnies jouent sur des rotations serrées. Un seul maillon qui casse, ravitaillement, prix, slots, et la journée d’exploitation se dérègle.
Il faut aussi nuancer: prédire des faillites fait partie du style O’Leary, connu pour ses sorties offensives, et ses cibles récurrentes. Il avait déjà mis en cause la viabilité de Wizz Air dans le passé. Mais le fond du message reste factuel, le carburant est un coût majeur, et une hausse durable peut faire tomber les acteurs les plus fragiles. Si le pétrole se calme, l’hypothèse de faillites recule, si la tension dure, le tri économique peut s’accélérer dès l’automne.
Sources
- Deux ou trois compagnies européennes pourraient faire faillite, assure le patron de Ryanair
- « Une bonne chose pour notre activité, il y aura moins de concurrents »: le patron de Ryanair prévoit des faillites chez ses concurrents si le prix du kérosène reste aussi haut
- «Moins de concurrents, c’est bon pour nous» : Ryanair anticipe des faillites dans l’aérien
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