Un trajet Terre-Mars en 153 jours, au lieu d’un aller-retour qui peut frôler trois ans, c’est l’idée qui circule depuis la publication d’une étude dans Acta Astronautica. Le scénario ne repose pas sur un moteur miracle, mais sur une géométrie orbitale, en utilisant la trajectoire d’un astéroïde comme « guide » pour repérer une route plus directe. Le chercheur à l’origine de cette piste, le cosmologue brésilien Marcelo de Oliveira Souza, dit être tombé dessus presque par accident, en travaillant sur des calculs qui ont d’abord ressemblé à une erreur. Son approche pointe une fenêtre jugée optimale en 2031. Sur le papier, la promesse est simple: raccourcir le temps de vol, donc limiter l’exposition aux risques et rendre les profils de mission plus flexibles.
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Marcelo de Oliveira Souza mise sur l’astéroïde 2001 CA21
Le coeur de l’idée tient à un objet précis, l’astéroïde 2001 CA21. Il a attiré l’attention du chercheur dès 2015 car sa trajectoire traverse les zones orbitales de la Terre et de Mars. Ce n’est pas un « train spatial » prêt à embarquer des astronautes, plutôt une référence dynamique, un cas d’école qui aide à repérer des transferts rapides potentiels quand les planètes et les orbites s’alignent de façon favorable.
Dans ce travail, il est question d’utiliser des données orbitales précoces, c’est-à-dire des trajectoires estimées à partir d’une fenêtre d’observation courte, donc moins précises au départ. L’astéroïde 2001 CA21 a justement eu une trajectoire initiale ensuite affinée. L’idée, c’est d’exploiter cette « première solution » comme filtre géométrique pour détecter des opportunités de transfert Terre-Mars, avant même d’entrer dans des calculs plus lourds.
Point important, ça reste une proposition théorique. Tu peux y voir une stratégie efficace de tri, qui permettrait d’identifier plus vite des fenêtres de tir atypiques. Mais il y a une nuance : une trajectoire préliminaire peut être trompeuse, et la précision devient vite un mur quand on parle de navigation interplanétaire. Le concept attire parce qu’il joue sur la mécanique céleste, pas parce qu’il promet une technologie déjà prête à voler.
L’opposition d’octobre 2020 a déclenché les calculs
Le déclic vient d’un moment astronomique concret, l’opposition d’octobre 2020, quand la Terre et Mars se retrouvent alignées du même côté du Soleil et au plus près. Cette configuration rappelle pourquoi les fenêtres de lancement sont si contraintes. Même si Mars n’est « qu’à côté » à l’échelle cosmique, la distance varie et les trajectoires économes en énergie dépendent du ballet orbital, pas d’un calendrier humain.
Dans son étude, Souza ne cherche pas n’importe quel chemin. Il s’attache à des transferts dont l’angle d’inclinaison reste inférieur à cinq degrés, une condition qui favoriserait une route plus directe pour un vaisseau hypothétique. Il examine des oppositions de Mars en 2027, 2029 et 2031 pour comparer les configurations et repérer celle qui maximise les chances d’un trajet accéléré.
La promesse des 153 jours frappe parce qu’elle change l’échelle mentale. Dans les projections actuelles, un aller-retour peut approcher trois ans, entre le temps de trajet, l’attente sur place et le retour. Réduire le transit à quelques mois ne règle pas tout, mais ça peut alléger plusieurs contraintes, comme la quantité de consommables à emporter ou la durée d’exposition aux environnements hostiles, ce qui pèse lourd dans la planification.
2031 devient une fenêtre théorique, mais la faisabilité reste à démontrer
Le travail désigne 2031 comme l’année la plus favorable parmi celles étudiées pour un voyage accéléré. Ça ne veut pas dire qu’une mission partira cette année-là, ni qu’un trajet de 153 jours est garanti. Ça signifie qu’en termes de géométrie orbitale, la configuration offrirait de meilleures conditions pour ce type de transfert rapide repéré via l’astéroïde 2001 CA21.
Si un tel profil de mission se confirmait, l’impact serait concret. Un transit plus court peut réduire le temps passé en route, et donc une partie des risques cumulés, tout en simplifiant certains arbitrages logistiques. Dans l’imaginaire, on compare souvent à la science-fiction, mais ici le levier n’est pas un saut instantané, c’est une optimisation de trajectoire. Dit autrement, on cherche une meilleure « route », pas un nouveau carburant.
La critique la plus simple tient au mot « raccourci« . Il peut faire croire à une solution prête à l’emploi, alors qu’on parle d’un cadre de calcul et d’un filtrage basé sur des trajectoires initiales, par définition approximatives. Entre une opportunité mathématique et un plan de vol opérationnel, il y a la navigation, la robustesse, les marges d’erreur, et la capacité à répéter le résultat. Pour l’instant, l’idée pose une question stimulante: est-ce qu’on a sous-exploité certaines configurations orbitales déjà présentes dans le système solaire?
Sources
Je suis une voyageuse passionnée de slow travel, convaincue que les plus belles découvertes se font quand on prend le temps. Plutôt que de courir d’un site à l’autre, je privilégie l’immersion lente, les rencontres authentiques et la connexion profonde avec les lieux et les cultures.
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