EasyJet s’attend à une perte avant impôts comprise entre 540 et 560 millions de livres sur le premier semestre de son exercice décalé 2025-2026, clos fin mars. C’est plus que l’an dernier à la même période, où la compagnie affichait 394 millions de livres de perte. Le groupe rappelle que ce semestre est traditionnellement dans le rouge, mais la facture grimpe, tirée par le carburant et un contexte géopolitique plus tendu. Le point de bascule, on le voit tout de suite dans les coûts. La compagnie explique que le mois de mars a été marqué par une hausse des dépenses de carburant, liée à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, pour un surcoût d’environ 25 millions de livres. Les résultats semestriels complets sont attendus le 21 mai, et le marché a déjà réagi, le titre reculant de 3,74% à la Bourse de Londres jeudi matin.
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EasyJet chiffre une perte de 540 à 560 millions de livres
La fourchette annoncée, 540 à 560 millions de livres, donne une idée du dérapage par rapport aux attentes du marché, puisque la compagnie parle d’une perte plus importante que prévu. La comparaison avec le semestre précédent est nette, 394 millions de livres un an plus tôt. Même si l’hiver est un passage souvent déficitaire pour les low-cost, l’écart suggère que l’amélioration opérationnelle ne suffit pas à compenser le choc des coûts.
Dans les échanges avec les investisseurs, la direction insiste sur une demande restée solide sur la période. Le directeur général Kenton Jarvis résume le problème sans détour : « La demande tient, mais les résultats se dégradent sous l’effet combiné de la géopolitique et de la concurrence sur certains marchés ». Dit autrement, on peut remplir des avions, si les coûts unitaires montent plus vite que les recettes, la marge se fait aspirer.
Le calendrier compte aussi. Les résultats détaillés sont attendus le 21 mai, ce qui laisse plusieurs semaines de spéculations sur l’ampleur exacte des pressions. La réaction boursière, avec un recul de 3,74%, montre que les investisseurs ne se contentent pas de l’argument saisonnier. Et il y a une nuance à garder en tête, la compagnie reste exposée à des facteurs qu’elle contrôle peu, ce qui rend les prévisions plus fragiles.
Le kérosène et le conflit au Moyen-Orient ajoutent 25 millions en mars
Le carburant reste l’élément le plus sensible. EasyJet indique que ses coûts de carburant en mars ont été affectés par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, ce qui se traduit par environ 25 millions de livres de dépenses supplémentaires. Dans une industrie où chaque siège se vend à quelques dizaines d’euros sur certaines lignes, un tel montant, sur un seul mois, peut suffire à effacer des gains commerciaux obtenus à coups de promotions.
Le secteur surveille aussi le risque d’approvisionnement. Sur ce point, Kenton Jarvis se veut rassurant : « Tous les aéroports fonctionnent normalement et l’approvisionnement en carburant est décrit comme normal, ce qui permet de mener des opérations normales ». On peut y voir une bonne nouvelle côté continuité de service, mais ça ne règle pas le sujet principal : le prix du baril et du kérosène peut grimper même si les camions-citernes livrent à l’heure.
Pour limiter le choc, la compagnie explique être couverte à 70% pour le carburant aérien de la période estivale, avec des prix garantis par contrat sur la majorité de son kérosène. C’est un amortisseur, pas un bouclier total. La critique, c’est que la couverture protège une partie des volumes et sur une période donnée, mais elle laisse du carburant au prix du marché, et elle ne fait pas disparaître les autres coûts, comme les re-routages ou la pression concurrentielle.
Demande soutenue, concurrence accrue et arbitrages sur les destinations
La compagnie décrit une demande qui reste soutenue, avec un signal concret en mars, une forte demande de dernière minute sur les vols domestiques, les escapades citadines et la Méditerranée occidentale. Ces segments sont typiques d’un trafic flexible, où les clients réservent tard quand les prix paraissent acceptables. C’est un levier utile pour remplir, mais c’est aussi un terrain où les prix peuvent être tirés vers le bas si plusieurs compagnies se battent sur les mêmes créneaux.
À l’inverse, easyJet mentionne une faiblesse sur certaines destinations comme l’Égypte, la Turquie et Chypre, attribuée au contexte de guerre. Ce type d’arbitrage se voit vite dans les plans de capacité, on renforce les routes perçues comme plus simples à vendre, on évite celles où la demande devient imprévisible. Mais déplacer des avions ne se fait pas gratuitement, il faut des créneaux, des équipes, et parfois accepter des recettes plus faibles sur des routes très concurrentielles.
Le message de la direction, c’est que la demande ne s’effondre pas, mais que l’environnement concurrentiel pèse sur certains marchés. Là, on retrouve un dilemme classique des low-cost : maintenir des tarifs attractifs pour protéger les volumes, ou relever les prix au risque de perdre des passagers au profit d’un rival. Avec un carburant plus cher, le moindre écart de stratégie peut coûter cher, et la publication du 21 mai dira jusqu’où easyJet a réussi, ou non, à préserver ses marges.
Sources
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