Boeing retourne devant la justice, encore, pour le crash du 737 MAX d’Ethiopian Airlines en mars 2019. À Chicago, un tribunal fédéral doit examiner une nouvelle plainte civile portée par la famille de Samya Stumo, une jeune Américaine qui se rendait au Kenya pour sa première mission avec l’ONG ThinkWell. Si aucun accord n’intervient à la dernière minute, la procédure démarre avec la sélection du jury, puis des plaidoiries. Ce dossier arrive dans un contexte déjà lourd. Le vol 302 s’est écrasé peu après le décollage d’Addis-Abeba, faisant 157 morts. Ce drame a suivi de près un autre crash, celui de Lion Air en Indonésie fin 2018. Au total, les deux catastrophes ont fait 346 victimes et déclenché une crise industrielle et de confiance, avec une immobilisation mondiale des appareils pendant près de deux ans, le temps d’installer des mises à jour exigées.
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Le procès à Chicago autour de Samya Stumo relance la pression
La famille de Samya Stumo demande des comptes dans un procès civil qui doit se tenir à Chicago, devant une juridiction fédérale. Le calendrier est serré: sélection du jury en début de semaine, puis ouverture des débats. Sur le papier, c’est une affaire d’indemnisation et de responsabilité. Dans les faits, c’est aussi un procès de la façon dont une entreprise regagne, ou non, sa crédibilité après un accident collectif.
Le crash du vol 302 a tué 157 personnes, et c’est ce chiffre qui revient dans chaque audience, parce qu’il rappelle l’ampleur du drame. Stumo, elle, partait pour une mission en Afrique de l’Est avec ThinkWell, une ONG de santé publique. Ce détail compte, parce qu’il humanise le dossier face à un géant industriel. Et il alimente une question simple, que les familles martèlent: ce crash était-il évitable?
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Les proches de Stumo se sont aussi fait connaître comme critiques publics de Boeing et partisans d’un contrôle plus dur de la sécurité aérienne. Leur stratégie ne se limite pas à un chèque, ils veulent que le procès expose des choix et des enchaînements. C’est là que la justice civile devient un outil, pas seulement une réparation. Et oui, ça dérange l’entreprise, parce que chaque audience remet le sujet dans l’actualité.
Les accords confidentiels n’éteignent pas les dossiers des familles
Juste avant un autre procès prévu à Chicago, Boeing a conclu un accord avec Manant Vaidya, un Canadien de Toronto qui a perdu six proches dans le crash: ses parents, sa soeur et trois membres de sa belle-famille. Les termes sont restés confidentiels. Pour l’entreprise, ce type d’accord réduit l’incertitude d’un verdict. Pour les familles, c’est parfois la seule voie pour obtenir une forme de reconnaissance.
Dans ce dossier, l’avocat de Vaidya, Robert Clifford, a affirmé que Boeing avait accepté sa pleine responsabilité dans une perte de vies insensée et évitable. Cette formulation, très forte, pèse dans l’opinion, même si elle s’inscrit dans une communication d’avocat. Elle rappelle surtout une réalité: les procès civils ne sont pas des cérémonies symboliques, ils modèlent ce que l’entreprise admet et ce qu’elle conteste.
Les accords ne ferment pas tout. Un jury de Chicago a déjà accordé 28,45 millions de dollars au veuf d’une victime, Shikha Garg, en novembre. Un autre procès, démarré en janvier, s’est terminé par un règlement amiable non rendu public. Résultat, on a une mosaïque de décisions, de montants, de compromis. Et pour Boeing, chaque affaire peut rouvrir le débat, même quand une autre vient de se régler.
Le 737 MAX: 346 morts et une crise durable pour Boeing
Le crash d’Ethiopian Airlines est indissociable de celui de Lion Air quelques mois plus tôt. Ensemble, ils totalisent 346 morts et ont déclenché une réaction mondiale, l’immobilisation des 737 MAX pendant près de deux ans, le temps d’installer les mises à jour requises. Dans l’industrie, ce genre d’arrêt est un choc, parce qu’il touche les compagnies, les passagers, les chaînes de production et, au bout, la réputation.
La crise a aussi eu un coût financier et symbolique. Boeing a enregistré des pertes annuelles chaque année entre 2018 et 2024, selon les éléments rapportés autour de ces procédures. La direction actuelle, avec le PDG Kelly Ortberg, a reconnu qu’il restait du travail pour regagner la crédibilité. Dit autrement, ce n’est pas un dossier classé, c’est un passif qui revient à chaque audience, à chaque décision de justice, à chaque nouvelle plainte.
Ce qui se joue au tribunal dépasse la seule question des dommages. Les familles, et une partie des observateurs, veulent que les mécanismes de contrôle évoluent, avec une surveillance plus stricte de la sécurité et de la régulation. Boeing, lui, doit gérer un paradoxe: défendre ses intérêts juridiques sans donner l’impression de minimiser les drames. Et tant que des procès se tiennent, la bataille de l’image reste ouverte, même si l’entreprise montre des signes d’amélioration.
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