Android Auto 16.0 puis 16.5 arrivent sans feu d’artifice à l’écran, mais c’est précisément le signal important. Google livre des versions qui paraissent banales, avec un changelog minimal, alors que le vrai chantier se joue dans l’infrastructure, le code, et les briques qui vont permettre d’ajouter des fonctions nettement plus visibles ensuite. Le point central, c’est la montée en puissance de Gemini et l’idée qu’Android Auto ne se limite plus à projeter des applis sur un écran. On parle de widgets, de contrôle de fonctions du véhicule, et d’une expérience plus intégrée. Le déploiement reste progressif via le Play Store, donc tu peux très bien ne rien voir tout de suite, même si la mise à jour est déjà « sortie ».
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Android Auto 16.0 installe les fondations de Gemini
Avec Android Auto 16.0, Google joue la carte du changement discret. À l’usage, pas de révolution immédiate, mais une transition nette se dessine, celle d’un système préparé pour accueillir Gemini dans l’écosystème automobile. Des utilisateurs du programme bêta ont déjà vu l’icône de Gemini remplacer le micro traditionnel, un indice concret que l’assistant vocal bascule vers une nouvelle génération.
Le déploiement se fait au compte-gouttes, c’est la méthode habituelle. Une petite partie des véhicules compatibles reçoit la mise à jour rapidement, les autres attendent. Techniquement, certains contournent cette attente en installant un fichier APK depuis des plateformes tierces, mais ça implique d’accepter un risque, celui d’une version pas parfaitement adaptée à ton modèle, ou d’une instabilité imprévue.
Ce choix d’avancer « sans bruit » n’est pas qu’un effet de communication. Dans l’auto, la fiabilité prime, et un changement d’assistant vocal touche à la navigation, aux appels, aux messages, donc à l’attention du conducteur. Google semble préférer solidifier la base avant d’activer des fonctions plus spectaculaires. La nuance, c’est que cette prudence frustre aussi ; tu fais la mise à jour, tu t’attends à du nouveau, et tu as l’impression que rien ne bouge.
Android Auto 16.5 prépare climatisation et radio intégrée
La version Android Auto 16.5 est passée sur le canal stable avec le même scénario, peu de changements visibles, mais un code qui révèle des ambitions plus larges. Google travaille à intégrer des commandes de climatisation et l’accès à la radio du véhicule directement dans l’interface. En clair, régler la température ou changer de station pourrait se faire sans quitter Android Auto.
Dans des voitures où les boutons physiques ont disparu ou sont réduits, ce détail compte. Si tu dois aujourd’hui sortir d’Android Auto, naviguer dans un menu constructeur, puis revenir à ta carte, tu multiplies les manipulations. L’intégration promet un geste plus direct, plus cohérent. Mais elle pose aussi une question simple: qui pilote quoi, et avec quel niveau de compatibilité selon les marques, les générations d’écrans, et les systèmes embarqués ?
Google prépare aussi la navigation 3D immersive dans Google Maps et une fonction de type « Ask Maps« , pour interroger la carte en langage naturel via Gemini. Sur le papier, demander « trouve une station-service sur mon trajet » ou « évite les péages » devient plus fluide. Dans la réalité, Gemini n’est pas encore déployé mondialement sur Android Auto, donc l’expérience risque d’être inégale pendant un moment, selon le pays et le rythme d’activation.
Google vise le véhicule défini par logiciel via AOSP
Le changement le plus ambitieux dépasse même Android Auto tel que tu le connais. Google prépare une nouvelle version liée à Android Automotive OS, pensée pour les véhicules définis par logiciel, avec une disponibilité annoncée dans l’AOSP plus tard en 2026. L’objectif affiché, c’est que les constructeurs puissent s’appuyer sur une base Android pour aller au-delà de l’infodivertissement.
Concrètement, il est question de contrôler bien plus que la musique et la navigation. Les exemples cités vont de l’instrumentation devant le conducteur à la télémétrie, en passant par la température, l’éclairage, les caméras, les rétroviseurs, le réglage des sièges, et même des systèmes de sécurité et d’aide à la conduite. Là, on ne parle plus d’une simple projection de smartphone, mais d’un logiciel qui devient une couche centrale du véhicule.
Cette vision a un avantage évident: des mises à jour plus rapides « par infonuagique », et une intégration potentiellement moins coûteuse pour les constructeurs. Mais elle amène aussi une critique légitime, la dépendance à un acteur unique. Plus Android contrôle de fonctions, plus la question de la gouvernance logicielle, de la compatibilité à long terme, et de la confiance dans les mises à jour devient sensible. Et dans une voiture, une mise à jour ratée ne se vit pas comme sur un téléphone.
Sources
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