Air France remonte encore la facture en classe éco sur le long-courrier. En une quinzaine de jours, la compagnie a doublé sa surcharge carburant: de 50 à 100 € sur un aller-retour, pour les billets émis à partir du 11 mars 2026. Le motif, c’est la flambée du kérosène, tirée par les tensions au Moyen-Orient, et un marché qui s’est emballé très vite. Le sujet n’est pas seulement « un peu plus cher ». Le carburant pèse lourd dans l’économie d’un vol, et quand le prix grimpe, les compagnies arbitrent entre absorber, réduire l’offre, ou répercuter. Là, Air France choisit clairement la répercussion, comme d’autres acteurs internationaux. Dans les aéroports, ça se traduit déjà par des comparaisons de prix plus agressives, et des voyageurs qui revoient leurs dates, voire leur destination.
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Air France-KLM double la surcharge à 100 sur l’éco long-courrier
Le changement est net: pour un aller-retour long-courrier en économie, la surcharge carburant annoncée par Air France-KLM atteint désormais 100 €, contre 50 auparavant. La hausse concerne les billets émis à partir du 11 mars 2026. Dans la pratique, ce supplément vient s’ajouter au prix affiché, au même titre que les taxes, et peut faire basculer un comparatif entre deux compagnies.
Sur un Paris-Montréal, un Paris-New York ou un Paris-Bangkok, 100 de plus ne sont pas anecdotiques pour une famille. Si vous partez à quatre, on parle d’un surcoût qui peut grimper à 400 sur la réservation. Et là, ça change le comportement: certains décalent leur départ, d’autres passent par une autre plateforme, et les plus sensibles au budget finissent par regarder les low-cost long-courrier ou des itinéraires avec escale.
Luc, agent de voyages en région parisienne, résume ce qu’il voit au comptoir: « Les clients ne contestent pas le principe, ils voient bien que tout augmente, mais ils veulent comprendre pourquoi ça bouge autant en si peu de temps ». Entre 50 et 100, c’est le double, et psychologiquement ça coince. Il ajoute un point qui fâche, et il n’a pas tort: la surcharge ressemble à un prix « variable » qui brouille la comparaison, surtout quand les tarifs changent d’un jour à l’autre.
Le kérosène grimpe à 168 $ le baril selon Platts, le coût carburant pèse 40%
Derrière la hausse, il y a un marché du kérosène qui s’est tendu brutalement. Le carburant d’aviation a atteint près de 168 $ le baril selon l’indice de référence Platts, un niveau très supérieur à celui du début d’année. Et ce n’est pas juste une histoire de pétrole brut: le Brent a repassé brièvement les 100 dollars, mais le carburant d’aviation a, lui, ses propres contraintes de raffinage et de disponibilité.
Le point central, c’est le poids du carburant dans les comptes. Selon les acteurs du secteur cités dans les informations publiques, le kérosène représente autour de 40% des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne. Quand cette ligne bouge, tout le reste devient secondaire: la marge se compresse très vite, surtout sur l’éco, où la concurrence est forte et où les compagnies vendent souvent avec des prix d’appel.
Autre facteur structurel: le kérosène ne représente qu’environ 9% des produits raffinés. Dans une période de tension, il peut passer derrière l’essence ou le gazole dans les priorités industrielles, ce qui accentue le risque de pénurie et de hausses rapides. Dit autrement, même si le brut se calme, le carburant d’aviation peut rester cher plus longtemps, et c’est ce décalage qui pousse les compagnies à sécuriser du cash via des surcharges.
United, Air Canada, Air India suivent, Ryanair évoque jusqu’à 10% de vols en moins
Air France n’est pas isolée: une vingtaine de compagnies ont engagé des mouvements comparables, avec des noms très visibles comme United Airlines ou Air Canada. L’idée est la même partout: ne pas laisser le choc carburant dégrader les résultats sur la haute saison. Pour les passagers, ça veut dire une hausse assez synchronisée, donc moins d’options « moins chères » quand on compare sur les mêmes dates.
Le cas d’Air India illustre l’ampleur des ajustements. La compagnie a annoncé l’extension progressive d’une surcharge, avec des montants qui varient selon les zones: 20 dollars sur des vols vers l’Asie du Sud-Est, puis des hausses plus fortes sur l’Europe et l’Amérique du Nord, jusqu’à 200 dollars pour cette dernière. Ce n’est pas le même modèle tarifaire, mais le message est identique: le carburant dicte la grille.
Le risque, au-delà des prix, c’est la capacité. Ryanair a prévenu qu’en cas de tension durable sur l’approvisionnement, une partie du programme entre mai et juillet 2026 pourrait être réduite, jusqu’à 10% de vols en moins. Et même si des routes d’approvisionnement se normalisent, l’Association internationale du transport aérien estime que le retour à la normale peut prendre plusieurs mois. Pour les voyageurs, ça se traduit par moins de sièges, donc des tarifs qui montent plus vite, même sans nouvelle surcharge.
Sources
- Air France et d’autres compagnies aériennes répercutent la hausse du kérosène sur le prix des billets – franceinfo
- Air France et d’autres compagnies aériennes répercutent la hausse du kérosène sur le prix des billets | franceinfo
- 50 euros de plus pour un aller-retour en classe éco : Air France et KLM augmentent les prix de leurs vols long-courriers face au choc pétrolier
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