21h55, samedi 28 mars 2026: un Nice-Paris touche le tarmac d’Orly et c’est la dernière fois qu’un avion Air France y termine sa course. Après près de 80 ans d’histoire sur l’aéroport du sud parisien, la compagnie coupe net. À partir de maintenant, hors vols liés à la Corse, tout est recentré sur Paris-Charles de Gaulle. Sur le papier, ça ressemble à un simple déménagement. Dans la vraie vie, ça rebrasse des habitudes: les navettes vers Nice, Toulouse, Marseille, les départs vers l’Outre-mer, les correspondances. Air France dit vouloir muscler son hub et rendre les connexions plus fluides. OK. Mais pour un passager, ça veut dire plus de Roissy, plus de RER B, et une autre logique de voyage.
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Pourquoi Air France lâche les navettes Orly-Nice-Toulouse-Marseille ?
Le coeur du dossier, c’est l’essoufflement des « navettes » au départ d’Orly. Ces rotations très fréquentes – parfois toutes les heures, voire plus – ont perdu de leur force depuis la pandémie de Covid-19. Air France avait déjà annoncé ce recentrage à l’automne 2023, et la bascule se termine maintenant, avec ce dernier vol arrivé à 21h55. Ce n’est pas un coup de tête: c’est un choix industriel.
À Roissy, Air France joue à domicile sur le long-courrier. Quand tu fais province Paris international, la compagnie préfère te faire transiter par son hub, avec des correspondances pensées pour ça. Un cadre du secteur me résumait le truc comme ça – « Orly, c’était pratique pour aller vite en centre-ville, mais CDG, c’est là où tu remplis les gros avions. » C’est brutal, mais c’est la logique d’un réseau.
8 vols par jour, dès mars 2026, Transavia relie Nice à Orly après le retrait d’Air France
Et derrière, il y a un message: Air France veut concentrer ses moyens là où ça connecte. La compagnie annonce un renforcement des liaisons au départ de Paris-Charles de Gaulle vers Toulouse, Nice et Marseille, avec 12, 12 et 10 rotations par jour. Dit autrement: les lignes restent, mais la porte d’entrée change. Tu gardes la destination, tu perds Orly.
Transavia récupère Orly, Air France garde le groupe
Air France ne disparaît pas totalement d’Orly… sauf que ce n’est plus Air France qui opère. Le groupe reste présent via Transavia, qui devient l’opérateur de référence au départ d’Orly. Et Transavia ne traîne pas: dès le 29 mars 2026, elle lance ses propres liaisons Orly-Toulouse, Orly-Nice et Orly-Marseille, avec 8, 8 et 2 vols par jour. On passe d’une logique « navette premium » à une logique plus low-cost.
Pour le passager, ça peut être un bon plan ou une petite claque, selon le profil. Si tu fais des allers-retours secs et que tu veux un horaire toutes les heures, tu regardes les fréquences et tu compares. Si tu veux une continuité de service « Air France » (programme, habitudes, perception), le changement est plus psychologique que technique. Le truc c’est que le groupe organise une séparation nette: Roissy pour le réseau Air France, Orly pour l’offre Transavia.
Ce modèle, on l’a déjà vu ailleurs: un hub principal pour les correspondances et une base plus « point à point » pour capter du trafic local. Sauf qu’ici, ça touche Paris, donc ça se voit tout de suite. Perso, je trouve la manoeuvre cohérente sur le papier, mais elle a un goût de tri: ceux qui veulent la connectivité et les long-courriers iront à CDG, ceux qui veulent Orly feront plus souvent avec Transavia. Et tout le monde ne vit pas ça comme une simple « option ».
Roissy récupère aussi l’Outre-mer, et la Corse reste à part
Le recentrage ne concerne pas que la province. Les vols vers l’Outre-mer – Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Saint-Denis de la Réunion, Cayenne – sont annoncés au départ de Paris-Charles de Gaulle. Air France met en avant un gain évident: des correspondances internationales plus simples, et une meilleure connectivité entre régions et territoires ultramarins via le hub. Si tu arrives de Toulouse ou de Marseille et que tu enchaînes sur un long-courrier, CDG est pensé pour ça.
Mais il faut aussi parler du côté moins glamour: Roissy, c’est plus loin pour une partie des Franciliens, et ça peut rallonger le temps « porte à porte ». Entre le RER B, les accès routiers, les terminaux, tu ne vis pas le même voyage qu’à Orly. Un agent d’escale me disait récemment – « à CDG, tu gères la machine, mais tu perds le côté compact d’Orly. » Ça ne rend pas le choix mauvais, ça dit juste qu’il a un coût en confort pour certains.
Et puis il y a l’exception: la Corse. Les vols de et vers l’île ne rentrent pas dans le grand déménagement, parce que c’est un cadre de Délégation de Service Public. C’est le rappel que l’aérien n’est pas qu’une histoire de stratégie commerciale: il y a des obligations, des équilibres territoriaux, des lignes qui ne se déplacent pas comme un pion. Maintenant, la vraie question, c’est comment les voyageurs vont arbitrer entre Orly version Transavia et Roissy version Air France, dès les premières semaines.
Sources
Je suis une voyageuse passionnée de slow travel, convaincue que les plus belles découvertes se font quand on prend le temps. Plutôt que de courir d’un site à l’autre, je privilégie l’immersion lente, les rencontres authentiques et la connexion profonde avec les lieux et les cultures.
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