Cartes.gouv.fr vient d’ouvrir, porté par l’IGN, avec une promesse simple : te donner une cartographie publique, gratuite et exploitable, sans passer par un acteur privé étranger. Sur le papier, ça ressemble à une alternative à Google Maps. Dans les faits, le site empile déjà 1 141 couches de données sur un seul portail, avec des calques qui vont du cadastre aux statistiques publiques. Le point qui change la lecture du projet, c’est la logique de service public : pas de publicité, pas de régie, et surtout pas de collecte de navigation annoncée. Quand tu utilises un service de cartographie grand public, ta position et tes habitudes deviennent une donnée. Ici, l’argument central est la souveraineté numérique, hébergée en France, avec l’idée d’un outil commun pour les citoyens et les acteurs du territoire.
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L’IGN mise sur 1 141 couches et la BD ORTHO à 20 cm
Le coeur de Cartes.gouv.fr, c’est l’empilement de 1 141 couches qui couvrent des usages que Google Maps ne priorise pas. Tu peux superposer le cadastre, des couches d’urbanisme, d’agriculture, de couvert forestier, ou des statistiques publiques issues de l’INSEE. L’intérêt, c’est la lecture croisée : tu zoomes, tu actives un calque, tu compares, sans changer d’outil ni multiplier les portails.
Visuellement, l’IGN met en avant un rendu dynamique, avec un plan vectoriel qui redessine les contours en temps réel. Et il y a un détail qui parle à tout le monde : les photos aériennes descendent à 20 centimètres de résolution, assez pour distinguer des éléments très fins dans une cour ou un jardin. Ce niveau de précision sert autant aux pros qu’aux particuliers, par exemple pour comprendre une parcelle, un alignement, une emprise.
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Le catalogue ne vient pas que de l’IGN. Le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité ont versé des données, et des territoires comme Lyon ou le Grand Paris ont ajouté leurs jeux. Ça donne un outil où une carte « grand public » peut devenir une carte d’analyse : biodiversité, foncier, bruit, occupation du sol, selon le besoin. Et c’est là que le site est plus complet qu’on ne l’imagine.
Cartes.gouv.fr promet zéro collecte quand Google Maps trace la navigation
Le discours officiel est frontal, Cartes.gouv.fr vise un service sans publicité et sans collecte des données de navigation. En face, l’usage de Google Maps implique l’enregistrement d’éléments comme la position, la destination, la vitesse de déplacement et des habitudes. Un sondage Ipsos BVA commandé par l’IGN en mai 2026 indique que 69 % des Français savent que Google enregistre ces informations, et que 56 % déclarent que cela les dérange.
Le même sondage donne un autre signal politique : 87 % des personnes interrogées estiment que l’État doit disposer de sa propre cartographie, sans dépendre d’un acteur privé étranger. Dit autrement, l’adhésion de principe est massive. Mais l’adoption réelle, c’est une autre histoire ; les réflexes sont ancrés, et l’écosystème Google est partout, dans les liens, les applis, les partages d’adresses.
Il faut aussi garder une nuance : « sans collecte » ne veut pas dire « sans traces » au sens large ; un service web vit avec des contraintes techniques, sécurité, lutte contre l’abus, performance. Ce que Cartes.gouv.fr met sur la table, c’est un modèle où l’utilisateur n’est pas monétisé par défaut. Pour beaucoup, c’est une bascule culturelle : accepter une carte moins orientée consommation, plus orientée service public.
OVH Cloud héberge en France avec 500 Go gratuits pour publier des données
Cartes.gouv.fr est annoncé comme une plateforme souveraine hébergée en France chez OVH Cloud. Le service est gratuit pour consulter, mais aussi pour ceux qui déposent leurs données, jusqu’à 500 Go. Ce point est clé pour les collectivités et organismes qui hésitent entre multiplier les solutions privées ou publier sur des outils disparates, avec des coûts récurrents et des dépendances techniques.
La cible ne se limite pas aux citoyens. L’IGN cite des usages pour les collectivités locales, services publics nationaux, bureaux d’études, architectes et urbanistes. Le site doit permettre de rechercher une donnée, la télécharger, utiliser des flux et des APIs, et publier via la Géoplateforme. En clair, tu n’es pas seulement en train de regarder une carte, tu peux bâtir un espace de données et des outils adaptés à ton territoire.
Le chantier est aussi un regroupement. Dès l’an prochain, Cartes.gouv.fr doit proposer un parcours unifié « du terrain à la carte », en intégrant des services existants comme geoportail.gouv.fr, geoservices.ign.fr, espacecollaboratif.ign.fr et macarte.ign.fr, avec de nouvelles fonctionnalités. La difficulté, c’est l’ergonomie et la pédagogie ; un portail très riche peut perdre le grand public. Mais pour les acteurs du territoire, l’effet guichet unique peut changer la donne.
Sources
Je suis une voyageuse passionnée de slow travel, convaincue que les plus belles découvertes se font quand on prend le temps. Plutôt que de courir d’un site à l’autre, je privilégie l’immersion lente, les rencontres authentiques et la connexion profonde avec les lieux et les cultures.
À travers mes articles, je partage des actualités, expériences, conseils concrets et inspirations pour vous aider à voyager autrement : plus lentement, plus consciemment et bien plus intensément.
