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Déclaration finale "Faire de la "Grande Caraïbe" une zone exemplaire dans la lutte contre le changement climatique" Le réchauffement climatique fait aujourd'hui l'objet d'un consensus de la communauté scientifique internationale. Les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont confirmé l'existence d'un réchauffement global anormal d'une ampleur et d'une rapidité inédites dont les activités humaines sont la principale cause.
Le GIEC a également établi que, du fait de l'exposition d'une grande partie de leurs territoires aux mers et océans, les pays de la Caraïbe insulaire et continentale font partie des zones les plus vulnérables aux différents impacts des changements climatiques en cours.
Ceux-ci risquent de causer une élévation du niveau des mers (avec comme conséquences une perte territoriale et une pression foncière plus importante), l'accentuation de l'érosion côtière, l’augmentation de l'intensité des cyclones, l’affaiblissement des protections naturelles des côtes (mangroves et coraux), mais également une fragilisation des écosystèmes terrestres déjà atteints par la déforestation, la raréfaction de l’eau, la perturbation des stocks halieutiques, la recrudescence des épizooties et maladies vectorielles.
La menace climatique intervient au moment où la plupart des pays de la Caraïbe doivent également relever le défi énergétique, économique et démographique de la mondialisation dans un contexte de croissance démographique générale.
La combinaison de ces différents défis risque d’altérer l’efficience sinon la pertinence des investissements économiques réalisés ces dernières années et de conduire à des problèmes sociaux sans précédent.
Dans ce contexte, les participants au colloque "Changement climatique: La Caraïbe en danger!" réunis à Fort-de-France les lundi 11, mardi 12 et mercredi 13 décembre 2006, qui s’inscrit dans le cadre de la démarche Agenda 21 Martinique
conscients de l'urgence d'un renforcement de la coopération régionale des pays de la "Grande Caraïbe" dans le cadre de la lutte contre les effets des changements climatiques :
Appellent l'attention de la communauté internationale sur les conséquences à long terme des changements climatiques sur leurs territoires, particulièrement exposés et vulnérables.
Réaffirment le caractère prioritaire du respect des engagements internationaux en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre , dans le cadre des objectifs du Protocole de Kyoto.
Insistent sur l’importance d’une véritable politique d’adaptation complémentaire des politiques d’atténuation dans l’esprit des principes et engagements énoncés dans la Déclaration de Rio sur l’environnement, des principes consacrés par la Déclaration de la Barbade, du Programme d’action pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement et de la Déclaration de Maurice.
Affirment leur volonté de faire de la Grande Caraïbe une zone d’application exemplaire :
- en matière de développement des énergies renouvelables afin de participer à la lutte globale contre l’aggravation de l’effet de serre, et ce malgré la modicité de leurs émissions,
- en matière d'adaptation afin de limiter les impacts multiples du changement climatique.
Pour atteindre ces objectifs, recommandent:
- le développement de l’acquisition des données et la recherche, ainsi que la mutualisation et l’utilisation des données existantes, notamment à travers des coopérations régionales
- le développement de la sensibilisation et de la formation, et soulignent le rôle essentiel des associations et des ONG dans la mobilisation citoyenne sur cet enjeu,
- l’intégration du facteur climat dans les processus de planification et de décision,
- l’intégration des impacts et de la vulnérabilité dans les politiques publiques
- la valorisation par l’Europe des RUP et des PTOM, dans le cadre du dialogue international engagé sur le changement climatique, notamment vers les pays ACP
- la mise en application effective par l’Union Européenne des nombreuses propositions(1) formulées par les Régions Ultrapériphériques (RUP), les Pays et Territoires d’Outre Mer (PTOM) ainsi que les Pays ACP, en matière d’environnement et de changement climatique)
Préconisent pour ce faire un renforcement de la concertation et de la coordination régionale par la mutualisation des capacités d'expertise et des outils d'alerte et de prévention des risques de la région prenant en compte notamment l'expérience du CARICOM, celle de l’AEC, les moyens existant en Guadeloupe, Guyane et Martinique et l'expertise de l'Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC).
Appellent à cet effet le soutien de la Communauté internationale pour le renforcement des capacités technologiques, scientifiques, et institutionnelles dans les pays de la "Grande Caraïbe" notamment sous forme de transferts de savoir-faire.
Pour sa part, le Président du Conseil général de la Martinique prend l’engagement de saisir les membres de l’assemblée plénière qu’il préside en vue de mettre en place, dans la continuité du pôle de compétences déjà créé en matière de système d’informations géographiques et de télésurveillance, un Observatoire martiniquais des environnements humains et biophysiques appelé à s’intégrer dans un réseau caribéen.
Fait à Fort-de-France le 13 décembre 2006
(1) “Message de Paris” issu de la conférence “Biodiversité et coopération européenne au développement », Paris 19-21 septembre 2006, Déclaration politique du Forum PTOM / UE (Nuuk, 5-7 septembre 2006)
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